29 juin 2009
Ankama a le sourire.

La 4ème convention Ankama qui a eu lieu ce week-end à la Porte de Versailles à Paris pose un nouveau jalon dans le développement de cet éditeur de (prendre son souffle) jeux en ligne/bandes dessinées/journaux/jeu de cartes/dessins animés/sites web/jeux sur mobile. Fondé à Roubaix en 2001, Ankama se développe sans faire trop de bruit, à son rythme, qui est quand même sacrément élevé. A la base de ce succès, Dofus, un jeu massivement multijoueurs où, à l'heure où je vous écris, 16 000 000 (!) de joueurs évoluent dans un monde heroic fantasy aux allures de dessin animé japonais. Pour information, sachez que l'abonnement mensuel à Dofus se monte à la somme (très raisonnable) de 5 euros. Je vous laisse faire le calcul. Les responsables d'Ankama ne se tournent pas les pouces pour autant. Ils embauchent (aujourd'hui 300 personnes travaillent pour la société qui est toujours basée à Roubaix), se diversifient (voir plus haut. A noter que la maison d'édition de bande dessinée est lancée en 2005) et communiquent (les premières conventions ont lieu à Lille et prennent tellement d'ampleur que la capitale est investie cette année). Si ça n'est pas une success story...
Mais alors, que peut-on trouver à la convention Ankama ? Et bien, l'événement repose en grande partie sur les déclinaisons liées au monde de Dofus. Et à tout seigneur tout honneur, le jeu lui-même. Des dizaines de dizaines d'ordinateurs sont installés pour que les joueurs puissent rassasier leur passion ou tout simplement découvrir le phénomène. Ne nous méprenons pas, si Dofus possède une esthétique et, disons, un ton général plutôt orienté jeunesse, la tranche d'âge des utilisateurs est beaucoup plus large que la seule adolescence (la richesse et la complexité du jeu y sont pour beaucoup). La preuve pendant le week-end.
Et que serait un salon orienté manga sans cosplayers ? Outre les statues monumentales montrées plus haut, on peut croiser en chair et en os un certain nombre de créatures tout droit sorties du jeu. Bravo à tous ces acharnés.
Pour les plus sportifs, un tournoi de... Boufbowl est organisé. Ne me demandez pas les règles. En tout cas, ça amuse beaucoup les enfants.
En continuant la visite, impossible de manquer l'espace produits dérivés. Et comment résister à l'achat d'un Tofu, d'un sac à dos Tiwabbit ou d'un coussin Chacha ? Tout cela est vraiment trop kawai.
Pourquoi, ensuite, ne pas faire un tour à l'espace jeu de cartes ? Au choix, spectacle sur écran géant de la finale du tournoi des champions ou affrontement en grandeur nature avec l'adversaire de son choix.
Enfin, le visiteur le plus résistant fera la queue pour les dédicaces de BD, ira faire un tour au stand des jeux sur mobiles et s'affalera comme un gros fruit blet dans ce que j'aurai la pudeur d'appeler "l'espace détente".
Même si la convention Ankama n'a pas en toute logique le succès et l'envergure du Godzilla Japan Expo (rendez-vous la semaine prochaine), elle a déjà fière allure. Certes, la connaissance du monde de Dofus est indispensable pour apprécier un tel événement. Mais ce genre de manifestation peut tout à fait servir de cours de rattrapage accéléré.
Images : © Thierry Lemaire.
23 juin 2009
Paris fait des bulles.
Si le guide du routard vous donne des boutons, si le guide vert vous ennuie (à part bien sûr Berlin, Prague et l'Autriche), et si vous comptez passer des vacances à Paris, voici l'achat à effectuer avant de faire vos bagages. Et puis si vous n'avez plus de sous pour prendre des vacances et si vous aimez la BD, ça marche aussi. Le guide Paris BD, rédigé par Thibaut Vandorselaer, va vous faire voir la capitale d'un œil neuf puisque toutes les illustrations des 15 promenades proposées sont tirées de bandes dessinées. Pas une seule photo, rien que des dessins. Libre à vous de prendre sur le chemin quelques clichés des monuments présentés (souvenons-nous qu'il est beaucoup plus difficile de faire le contraire).
Thibaut n'en est pas à son coup d'essai. Il a déjà publié les guides Bruxelles et Bruges selon le même principe. Avec Paris, il passe la vitesse supérieure : 350 pages, une centaine d'auteurs, 15 itinéraires qui passent devant les principales curiosités de la capitale. Passé, présent et même futur des monuments s'entrecroisent. Et c'est un bonheur de (re)découvrir Paris sous le crayon de Tardi, Bilal, Blutch, Martin, Jacobs, Uderzo et tant d'autres, et de comparer l'original à l'inspiration de l'artiste. Et puis pour chaque case, l'auteur n'oublie pas de replacer l'action dans le contexte de l'album concerné. Qu'on soit touriste ou bédéphile le plaisir sera au rendez-vous. Alors si en plus on est les deux en même temps...
Images : © Vandorselaer/Editions du Signe
17 juin 2009
Vraoum! une expo qui fait du bruit

Il fut un temps, grossièrement jusqu'à l'année dernière, où les conservateurs de musée haussaient les épaules en levant les yeux au ciel lorsqu'on leur parlait de faire entrer la bande dessinée dans leurs murs. Depuis quelques mois, la frénésie BD contamine les salles d'expositions comme la tremblante du mouton. Il était une fois l'huile à Nantes, Regards croisés de la bande dessinée belge à Bruxelles, Périples secrets à Cherbourg, Bulles et Balles à Roland Garros, jusqu'à l'ouverture du Musée de la BD d'angoulême et du Musée Hergé, mastodontes du 9ème art. Même le Louvre s'y est, timidement, mis. C'est pour dire. Après les trop longues années de régime à l'eau et au pain sec, va-t-il y avoir maintenant indigestion d'expos BD ?
La maison rouge, salle d'exposition parisienne située près de la place de la Bastille, apporte sa pierre à l'édifice mais en 
poussant le bouchon encore plus loin. Rendez-vous compte, l'exposition Vraoum! a pour objet de montrer que les artistes contemporains ont été, eux aussi, inspirés par la bande dessinée. On est ici à la limite du blasphème. D'autant plus que les œuvres exposées ne se limitent pas aux grands mamamouchis Roy Lichtenstein, Andy Warhol ou Hervé di Rosa. C'est une véritable génération d'artistes qui s'emparent des codes, des références et de l'esthétique de la BD pour les détourner allègrement. Cerise sur le gâteau, c'est toujours drôle et compréhensible (pas si fréquent que ça pour de l'art contemporain).
Nous passerons sur la signification assez obscure du titre de l'exposition pour souligner la très bonne idée des commissaires de 
confronter les œuvres avec des planches originales de bande dessinée. Certaines de celles-ci prennent d'ailleurs une autre envergure exposées de cette manière et prouvent qu'elles ont toute leur place dans le petit monde de l'art graphique. Et c'est un panorama quasi exhaustif des maîtres de la BD que le visiteur peut admirer (le sous-titre de l'exposition est parfaitement mérité). Près de 200 originaux de toutes les époques, des Français, des Belges, des Américains, des Japonais, des Italiens, bref, une exposition exceptionnelle que l'on n'aura pas le loisir de revoir de sitôt à Paris. Quelques exemples pour la bonne bouche : Hergé, Gillon, McCay, Druillet et Giraud.
VRAOUM! à la maison rouge (Paris 12e) jusqu'au 27 septembre
Images : © Thierry Lemaire.
06 juin 2009
Art Spiegelman, vu de l'intérieur

Quand un artiste du calibre d'Art Spiegelman se déplace jusqu'à Paris, il ne faut pas hésiter à deux fois avant de suivre ses pas. Jeudi soir dernier, le dessinateur new-yorkais participait au vernissage d'une exposition qui lui est dédiée à la galerie Martel. Une foule compacte avait soigneusement noté ce rendez-vous et débordait de la salle unique pour investir le trottoir et la rue, gênant joyeusement la circulation. Pourquoi un tel enthousiasme ? Et bien pour deux raisons.
D'abord parce que cet accrochage propose un panorama de la carrière de l'artiste. Spiegelman s'est fait connaître du grand public à travers Maus, sa brillante et poignante évocation de la Shoah. La seule bande dessinée à avoir obtenu le Prix Pulitzer, avouez que ce n'est pas rien. Mais ce chef d'œuvre a totalement occulté, toujours pour le grand public, le reste de ses travaux. Souvenons-nous quand même que Spiegelman est l'un des piliers de la BD américaine underground, et qu'il a entraîné dans son sillage des auteurs comme Chris Ware, Charles Burns ou Dan Clowes. L'idée de mettre en lumière la partie "cachée" de son œuvre est une initiative à applaudir des deux mains. C'est d'ailleurs une première en France.

L'autre raison de se réjouir de cette exposition est le parti pris résolument graphique de la galerie Martel. Plus que le résultat final, ce sont les différentes étapes du processus créatif qui sont mises en avant. Esquisses, croquis, dessins préparatoires, travaux de recherches montrent et soulignent la technique de Spiegelman, réfléchie voire anxieuse. Quant au clou du spectacle, si je puis dire, un mur où des dizaines de carnets de croquis sont fixés, il présente une autre facette de l'artiste, cette fois plus instinctive. Pas forcément la plus naturelle pour lui.
Ces deux mosaïques d'images vous donneront un aperçu des œuvres exposées. Avec, de haut en bas et de gauche à droite, le mur des carnets de croquis, la couverture d'un livre sur Boris Vian, l'espace réservé aux illustrations publiées dans le New Yorker (journal pour lequel il réalisa un certain nombre d'illustrations), le dessin Crossroads (vendu 24 000 €), le mur Maus, le dessin Head (vendu 12 000 €), le mur Raw (le magazine alternatif qu'il avait lancé en 1980), le dessin préparatoire à la couverture du livre The New York trilogy de Paul Auster, le résultat final, une illustration pour Maus, deux planches de réflexion sur Mein Kampf, et enfin des illustrations de livres pour enfants.
Et puis comme une note sans people manquerait de consistance, voici quelques célébrités du petit milieu de la BD qui étaient présentes, souvent un verre à la main, pour participer au vernissage. Avec par ordre d'apparition à l'écran, Art Spiegelman et Florence Cestac, Benoît Peeters et Dominique Petitfaux, Jacques Tardi et Lorenzo Mattoti, Blutch et Michel Edouard Leclerc, ce qui faisait quand même trois Grand Prix de la ville d'Angoulême dans l'assistance !
Images : © Thierry Lemaire.
02 juin 2009
Long time ago when they were fab.
Le jeu Guitar Hero d'Activision, sorte de karaoke pour guitariste amateur, fait un tabac dans le monde entier, vendu à des millions d'exemplaires. On sait peut-être moins qu'il possède un concurrent avec Rock Band, un jeu tout à fait identique mais créé par Electronic Arts. Le 9 septembre prochain (plus connu sous l'acronyme 09-09-09), le public risque fort d'entendre parler de ce dernier car sortira dans le monde entier The Beatles Rock Band, qui n'est ni plus ni moins que la déclinaison liverpudlienne du jeu. Et pour bien préparer les esprits à cette déferlante annoncée, un superbe trailer est déjà visible. Une animation parfaite qui reprend quelques étapes de la carrière des Fab Four. En ce qui concerne la bande son, le connaisseur sera considérablement choqué d'entendre Here Comes the Sun placée à l'époque de Sgt Pepper mais applaudira des deux mains le choix de la dernière chanson I am the Walrus, une des meilleures compositions de John. 2'29 de nostalgie.
29 mai 2009
Peellaert is only Rock'n'Roll (But I Like it).

Il fut un temps, les plus anciens d'entre nous s'en souviennent peut-être, où Photoshop n'existait pas. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les montages photographiques se faisaient à la main - mais oui ! - avec une bonne paire de ciseaux et de la colle Uhu en stick. Et pourtant, cela n'empêchait pas certains artistes comme Guy Peellaert de faire du très bon boulot.
En 1973, le plasticien belge publie en effet Rock Dreams, un recueil de collages et de textes illustrant les icônes du bon vieux Rock'n'Roll, alors à la croisée des chemins (Crossroads pour les amateurs de Cream et de Robert Johnson réunis). On se souvient qu'en 1968 paraissait Pravda la Survireuse, BD de Peellaert dans laquelle l'héroïne empruntait déjà ses traits à une chanteuse, en l'occurence Françoise Hardy. Dans Rock Dreams, la plume de Nick Cohn, immense critique rock, répond aux découpages de Peellaert. Un livre assez nostalgique, sorte de témoin de l'enterrement en règle des années 60, au sens propre comme au figuré (cf ci-dessous The End où Jim Morrison, Brian Jones, Janis Joplin et Jimi Hendrix, tous morts en l'espace de deux ans, partagent la même funeste affiche). Et aujourd'hui, le musée Maillol a la très bonne idée d'exposer 30 de ces œuvres pour faire revivre quelques semaines l'insouciance des années 50 et 60.
La galerie de portraits est savoureuse (encore plus pour les connaisseurs) et l'humour de Peellaert sonne juste. Bercé par une bande son appropriée, le visiteur exécute quelques pas de danse en passant de cadres en cadres. Certains, les plus atteints, restent plantés de longues minutes devant des visuels bien précis. Les internautes qui me font l'amitié de visiter régulièrement ce blog savent bien où je veux en venir. Il y aura d'abord Donovan, le ménestrel écossais présent en 1968 à Rishikesh pour écouter la bonne parole du Maharashi. Il y aura ensuite Phil Spector, le producteur fou coupable, selon McCartney, d'une tentative de Wall of sound pendant le mixage de Let it Be. Il y aura enfin Strawberry Fields, où les petits gars de Liverpool échappent, hilares, à tout ce que la couronne britannique compte de vieilles badernes.
Un artiste qui parle ainsi des Beatles ne peut pas être foncièrement mauvais. C'est d'ailleurs ce qu'ont pensé en 1974 les Rolling Stones en lui confiant la réalisation de la pochette de It's Only Rock'n'Roll (voir plus haut la version N&B) et David Bowie en faisant de même pour Diamond Dogs :
"Bye bye, bye baby, bye bye", une superbe exposition à voir au musée Maillol (Paris VIIè) jusqu'au 28 septembre.
Images : © Thierry Lemaire.
24 mai 2009
Jeu, set et cases à Roland-Garros.

Après avoir fait le plein de terre battue, de balles sur la ligne, de services gagnants, de lobs liftés et de passing de revers, l'amateur de tennis a le droit de se détendre en visitant une exposition sur le tennis et la bande dessinée. Le Tenniseum, alias le musée du tennis à Roland-Garros, l'a fort bien compris en organisant "Bulles et balles", une sympathique exploration de la représentation de ce sport de gentlemen à travers le 9ème art. Et bien contrairement à ce que l'on pourrait croire, on ne s'ennuie pas une seconde en parcourant les 800 m² d'une exposition variée et cohérente. Certes, les planches de Raymond Reding, auteur de la série Jari dans laquelle évolue le champion Jimmy Torrent (triple vainqueur de Roland-Garros, ce n'est pas rien), et d'André Chéret, qui délaissa un court instant Rahan pour dessiner l'épopée de Yannick Noah en 1983, sont un peu datées, mais il fallait bien les présenter pour donner corps à un parcours en huit chapitres (Du jeu de paume au tennis moderne, Les règles de l'art, Pour l'amour du geste, Blessures d'amour-propre, Tournois et spectateurs, Training et coaching, La solitude du héros et L'épopée des champions).
Et puis le tout est saupoudré de planches ou de cases extraits de séries que l'on connaît mieux et dont le sujet n'est pas spécifiquement le tennis. Les cases de Bécassine, Boule et Bill, Léonard, Cubitus, Mademoiselle Louise, Babar prennent toute leur saveur. Pour couronner le tout, quelques planches originales parsèment l'exposition. Et pas n'importe lesquelles. Une de Mademoiselle Louise de Geerts, une de Taka Takata de Vicq et Azara, mais surtout un Snoopy et un Marsupilami de toute beauté (celui où le surprenant animal assiste à un match de tennis et attrape la balle avec sa queue au milieu d'un point décisif).
Si je vous dis qu'en plus de tout ça, vous trouvez un espace dédié au Rendez-vous de Sevenoaks de Rivière et Floc'h (qui se déroule en partie dans un club de tennis), des dessinateurs en train de dessiner projetés sur une grosse gomme et un vrai-faux tournoi de Roland-Garros qui met aux prises Babar, Donald, Bécassine, Pif et bien d'autres, voue vous ruerez porte d'Auteuil. Et vous aurez raison.
Exposition "Bulles et balles", du 20 juin au 31 décembre 2009, Tenniseum de Roland-Garros.
Images : © Thierry Lemaire.
19 mai 2009
ZOO n°19 dans les bacs.
Lire un numéro de ZOO, ça vous met des étoiles dans la tête. A commencer par la couverture réalisée par Jean-Claude Mézières, superbe ode à Valérian et Laureline dont le prochain album (le dernier !) est en préparation. Cela ne surprendra donc personne de savoir que le dossier du (double) mois est consacré à la Science-Fiction. Le reste du sommaire vous enverra immédiatement sur orbite avec Soul Eater, Cyborg 009, l'exposition Tarzan au musée du Quai Branly, le musée Hergé, l'exposition Pratt à Cherbourg, le nouveau Raghnarok, Wolverine, Les lascars, Laurent Galandon, Christophe Bec, Xavier Dorison, et une constellation d'autres sujets. 52 pages à lire exclusivement en apesanteur.
Pour lire le magazine, rien de plus simple. Il suffit de se rendre sur un des 600 satellites points de distribution en France et en
Belgique (Virgin, Espaces culturels Leclerc, FNAC, librairies BD,
Lina's café, festivals, universités, cafés littéraires, etc, etc, etc) et retirer un
des 100 000 exemplaires. Pour les autres, téléchargez la version pdf sur le site internet.
Pas besoin de chercher aux quatre coins de la galaxie pour lire mes contributions au présent numéro, les voici (regardez dans les liens à droite pour lire tous mes articles dans ZOO) :
17 mai 2009
Il est sorti (part two)
Tiens, une bande-annonce.
07 mai 2009
Les premières images du musée de la BD d'Angoulême.

Les peintures sont encore fraîches, il manque des vitrines, mais ce n'est pas grave. Comment résister au plaisir de visiter en avant-première les salles du musée de la BD d'Angoulême ? Dix ans qu'on attendait ça depuis la fermeture du précédent situé dans le grand bâtiment en verre dessiné par Roland Castro. Cette fois, il faut traverser la Charente par une longue passerelle en bois, saluer la statue de Corto Maltese qui regarde les petits oiseaux dans les arbres, et débouler sur le grand parvis blanc qui fait face à la façade des
anciens chais à Cognac de la même couleur. Quand il ne pleut pas, ce qui arrive assez régulièrement à Angoulême, l'endroit est propice à une promenade digestive ou à une balade du dimanche. Les bâtiments qui datent du milieu du XIXème siècle ont en effet été superbement rénovés et les arbres qui bordent la Charente donne au lieu une belle ambiance bucolique. Mais nous ne sommes pas venus ici pour nous promener. Entrons plutôt dans le bâtiment pour voir ce qui s'y cache.
Premier arrêt par la librairie, située à l'entrée du musée. Les albums ne sont pas encore dans les rayonnages, l'ensemble fait un peu gris et ce n'est pas les quatre jolis strips de François Ayroles qui vont nous persuader du contraire. A revoir lorsque les dos colorés auront pris possession des lieux.
Etape suivante, la salle d'exposition temporaire. Une pièce curieuse, toute en longueur, 
qui possède un puits de lumière en son centre. La couleur grise domine encore dans cet espace de 390 m². La faible surface demandera aux scénographes un trésor d'imagination pour y faire tenir les expositions importantes qui aujourd'hui font largement plus de 500 m². La solution envisagée est leur répartition à travers différents lieux dans la ville. Le premier test sera pour l'exposition "Tarzan !", créée au musée du Quai Branly du 16 juin au 27 septembre puis présentée ensuite à Angoulême.
Et pour finir, la grande affaire du musée : la salle d'exposition permanente. Une grande pièce, trois alcôves, 1330 m² d'exposition, de quoi faire du beau travail. La collection permanente n'est pas encore en place mais on peut déjà se faire une idée de l'ambiance générale de l'espace. Le terme est choisi à propos car l'impression visuelle laissée par l'aménagement intérieur rappelle le vaisseau de Cosmos 1999 ou de 2001 l'odyssée de l'espace. Pas désagréable du tout.
Une lumière tamisée (les documents en papier sont fragiles), des couleurs pâles (toujours le gris), des courbes, un plafond pas très haut, des sons étouffés, une ambiance feutrée pour découvrir la grande histoire du 9ème art (le musée dispose de 8 000 originaux, de Rodolphe Töpffer en 1833 à nos jours, qu'il fera tourner tous les trois mois pour ne pas fatiguer les œuvres). Les vitrines serpentent entre les banquettes en imposant au public un sens de visite clair sans être trop directif. Une première impression très positive donc, qui ne demande qu'à être confirmée par le contenu muséographique. Nous en saurons plus après l'inauguration du 20 juin prochain.
Images : © Thierry Lemaire.

























































































