07 novembre 2009

Dans les bacs : Rock Strips - collectif

Couverture

Selon feu Ian Dury, le Rock’n’Roll va bien avec le sexe et la drogue. Grâce à Vincent Brunner, chef d’orchestre du collectif Rock Strips, on sait maintenant qu’il se marie aussi avec la bande dessinée.

C’est le genre d’album réservé aux connaisseurs, à ceux qui repèrent du premier coup d’œil l’allusion de la couverture à la jaquette de l’album Cheap Thrills de Big Brother and the Holding Company, le groupe qui accueillit et vit exploser Janis Joplin. Une jaquette dessinée en 1968 par Robert Crumb, collectionneur forcené de vieux 78 tours de blues. C’est aussi le genre d’album pour les néophytes, un tour d’horizon chronologique de 50 ans de Rock par le prisme de ses icônes. Un Rock Stars pour les nuls en quelque sorte.

Elvis par Ruppert & Mulot

Pas facile de faire cohabiter ses deux visions, mais Vincent Brunner n’est pas né de la dernière pluie musicale. Avec ses deux casquettes de journaliste spécialisé en musique (il est passé par Rolling Stone) et en bande dessinée (dans Casemate), il a su faire cohabiter grand public et lecteur exigeant. D’abord en fournissant avant chaque histoire courte une double page résumant la carrière de l’artiste et proposant sa playlist essentielle. Ensuite en réunissant 33 dessinateurs emblématiques de ce que l’on pourrait appeler la nouvelle scène de la BD française (ou ex-nouvelle scène pour certains comme Serge Clerc, Charles Berberian ou Jean-Michel Thiriet). 

Nirvana par Bouzard

A la clef, 30 histoires courtes en noir et blanc dont la variété de styles et de ton permet de trouver son bonheur. Il y a toujours quelque chose à tirer d’un album collectif, disait le poète. Surtout avec des duos détonants tels que Led Zeppelin et Killoffer, les Sex Pistols et JC Menu, les Pixies et Jochen Gerner, Metallica et Riad Sattouf, The White Stripes et Mathieu Sapin ou LCD sound system et Luz. Et puisque le Rock est aussi une affaire de groupies, pourquoi ne pas détacher quelques noms pour les inscrire au Hall of Fame de Rock Strips ? Ruppert & Mulot, par exemple, décrivant de l’intérieur la déchéance d’Elvis. Ou Li-An explorant les morceaux de Pink Floyd. Bouzard se rengorgeant d’avoir assisté à un concert de Nirvana. Paringaux racontant sous le crayon de Catel sa rencontre avec Janis Joplin.

Pink Floyd par Li-An

Plus qu’une évocation de l’histoire du Rock, ce collectif propose un panorama subjectif d’auteurs actuels, à la manière des Lapin de L’Association. Bien sûr, on n’empêchera pas les grincheux de regretter l’absence de Jerry Lee Lewis, des Beach Boys, du Velvet Underground, de Genesis (période Peter Gabriel) et de bien d’autres. Mais ne serait-ce pas un début du casting pour le tome 2 ? 

Rock Strips sur Amazon

Posté par _ THL _ à 17:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur Dans les bacs : Rock Strips - collectif

Nouveau commentaire