17 mai 2009
Il est sorti (part two)
Tiens, une bande-annonce.
23 avril 2009
Il est sorti.
Voila, le tome 1 du Territoire des Ombres est sorti depuis hier. Pour ceux qui douteraient de la validité de cette information, trois photos prises dans le Virgin Mégastore de Barbès devraient leur clouer le bec :
Les dessins et couleurs sont de Vannara, le scénario de moi-même, et le tout est destiné à un public jeune, calibré selon l'usage entre 9 et 12 ans. Toutefois, rien n'interdit un adulte ayant conservé l'âme d'un enfant de 10 ans de se procurer l'album. Pour en savoir un peu plus sur l'histoire, voici la présentation parue dans le magazine des nouveautés Glénat :
Et pour ceux qui voudraient lire une critique de l'album, voici la chronique parue dans le magazine ZOO :
Et enfin, au cas où, je laisse trainer un lien qui pourra intéresser les fans : Le territoire des Ombres
Bonne lecture.
08 février 2009
Ça se précise...
C'est dans le catalogue des nouveautés Glénat pour les mois d'avril à juin. Personnellement, mais je suis peut-être un peu de parti pris, ça me donne très envie de lire cet album (ou de l'offrir à mon petit neveu). Pour plus de détails visuels, jetez donc un coup d'œil dans la colonne de droite.
03 octobre 2008
C'est quoi ça, un scénarimage ?
Oui, bien sûr, contaminés par l'impérialisme linguistique américain, tout le monde aujourd'hui dit storyboard. Et si moi j'ai envie de brandir l'oriflamme de la résistance francophone ? Si j'ai envie de rejoindre nos amis québécois (à l'origine de
c
e néologisme bien de chez nous) dans cette quête culturelle sans espoir ? D'une part, je trouve pour une fois ce francisme (?), francicisme (?), agréable à l'oreille. D'autre part, Vannara habite Montréal, et je veux le préserver des réactions violentes des intégristes de la langue de Molière Gilles Vigneault. Bref, quel que soit son nom, le scénarimage est une étape importante de la réalisation d'une bande dessinée. C'est le moment où le dessinateur traduit en image le découpage du scénariste. Des croquis, des esquisses, voire même des gribouillis suffisent pour faire comprendre la structure générale de la planche. L'essentiel est d'avoir une idée globale de la lisibilité de chaque page (sont présentées ici les planches 6 et 7 du Territoire des ombres).
Le dessinateur présente en quelque sorte sa vision graphique des mots du scénariste. Et c'est souvent un grand plaisir de recevoir ces pages. La traduction en images d'une scène imaginée dans sa tête avec la 
liberté, l'inspiration et les idées d'un autre. Le résultat n'est jamais décevant. Sauf pour les bulles. Il n'est pas rare en effet de découvrir en lisant le scénarimage que les dialogues ne fonctionnent pas. Ce qu'on avait construit patiemment autour d'un whisky on the rocks au coin du feu n'était qu'une vue de l'esprit. Pas assez nerveux, trop long, sonnant faux, manquant de détails. Bon à refaire, quoi.
Mais ce n'est pas grave, car il est encore temps ici d'effectuer des modifications. Le dessinateur aura peut-être mal compris une description (je pars du principe, connu de tous, que le scénariste s'exprime toujours avec clarté) ou oublié un détail (il est évident que cette erreur ne viendra jamais du scénariste). Un coup de feutre, et c'est réglé. Et quand tout est parfaitement en place, ne reste plus alors qu'à sublimer le scénarimage en une planche flamboyante. Mais ceci est une autre histoire.
Qu'en est-il du côté des maîtres du 9ème Art ? Et bien chacun a sa méthode. Pour Broussaille, Frank choisit le minimalisme. Quelques formes vite jetées sur le papier et vogue la galère. Ceci expliquant peut-être cela, si la structure globale de la page n'est pas modifiée, le résultat final est quand même assez éloigné du scénarimage. Changement de plan, de positions, de sens de lecture, de bulles, Frank n'a pas hésité à revenir sur un certain nombre de détails pour fluidifier la lisibilité.
Pour le scénarimage de Buddy Longway, Derib préfère un dessin d'une grande précision. La première page du Démon Blanc est particulièrement parlante puisque l'artiste suisse réalise deux versions (il est vrai que la planche d'introduction mérite un traitement spécial). C'est finalement celle de droite (légèrement modifiée !) qui sera choisie.
Dans le style gribouillis, Lewis Trondheim se défend bien. Les dialogues sont à la limite du lisible (on peut toujours se référer au découpage s'il y a doute), mais les actions sont suffisamment claires pour que l'on comprenne bien leur déroulement. Charge au dessinateur de fignoler les attitudes, d'ajouter les détails et de remplir les vides.
Quant à Régis Loisel, il pousse le concept de gribouillage à son paroxysme. Contrairement à Trondheim, ce sont ici les dialogues les plus lisibles. L'action est parfois assez obscure, pour ne pas dire complètement confuse. L'artiste est même obligé de préciser la nature de certains traits (ici chaussure, là canne ou béquille). Passons sur les horaires d'avion griffonnés en haut de page et souhaitons-lui bon courage pour la mise au propre. Les génies sont parfois les seuls à se comprendre...
12 juillet 2008
L'art de la découpe
L'outil de communication le plus efficace entre les auteurs d'une bande dessinée n'est pas Internet ou le téléphone, mais bien le découpage. Par ce document, le scénariste expose en effet le plus clairement possible au dessinateur la façon dont il conçoit l'articulation des scènes et le contenu des dialogues. Ces pages, la plupart du temps dactylographiées, contiennent d'une part une description minutieuse de chaque case, et d'autre part, le contenu précis de chaque bulle. A partir de là, le dessinateur apporte sa vision des choses et modifie bien souvent certaines "fausses bonnes idées" qui fonctionnaient parfaitement en toutes lettres mais qui visuellement ne rendent rien.
J'ai testé plusieurs
façons de présenter le découpage et j'ai fini par jeter
mon dévolu sur une présentation assez sobre où le contenu des bulles apparaît directement sous la description de la case (cf à gauche et à droite les deux pages de découpage des planches 6 & 7 de l'album en préparation avec Vannara). Je ne vois pas d'avantages particuliers par rapport à d'autres modes de présentations, c'est juste une question de confort et de préférence personnelle. Chacun son style comme on dit (voir plus bas). Le plus important dans l'histoire est la relation construite avec le dessinateur. C'est pour lui que le document est écrit. Il faut donc qu'il lui soit adapté. Certains aiment avoir une grande liberté, d'autres préfèrent être totalement guidés. Ça dépend. L'exemple présent est plutôt médian. Les descriptions sont précises, mais, sauf idée bien arrêtée, je laisse souvent à Vannara le soin de choisir le plan et d'organiser sa page. Le tout est que le duo fonctionne et que personne ne soit frustré dans l'affaire. Pour ma part, je n'ai jamais été déçu par l'apport du dessinateur au découpage. Je trouverais dommage de m'en passer.
Grâce au concours initié par le très bon magazine Casemate, on peut s'amuser au petit jeu des comparaisons. Le mensuel a en effet demandé à cinq scénaristes majeurs d'être les auteurs d'une histoire commune en écrivant chacun une page. On peut découvrir ci-dessous les découpages réalisés, dans l'ordre, par Pierre Christin, Jean Van Hamme, Régis Loisel, Christophe Arleston et Lewis Trondheim (excusez du peu) :
On remarque immédiatement que les habitudes ne sont pas les mêmes. Christin, Van Hamme et Trondheim ont opté pour la même présentation que la mienne (ou c'est peut-être le contraire, je ne sais plus), alors qu'Arleston préfère visiblement un découpage plus "cinéma" avec une colonne pour les descriptions et une colonne pour les dialogues. Loisel, quant à lui, et ça ne surprendra pas grand monde, a choisi l'option "gros pâté" en écrivant sur un coin de table un découpage au crayon presque illisible.
25 juin 2008
Puisqu'il faut commencer par quelque chose...
commençons par une bonne nouvelle. Il est arrivé il y a quelques jours dans ma boîte aux lettres, signé par toutes les parties,
en bonne et due forme : le contrat. Neuf pages pour entériner la
publication l'année prochaine d'une bande dessinée aux éditions Glénat
Québec. Au scénario, moi-même, et au dessin, Vannara, Montréalais
d'adoption (Bouchervillois pour être extrêmement précis) et
responsable, à son échelle, de l'accroissement du taux de natalité de
la métropole (voir lien vers son site ci-contre). Et accessoirement
maestro de l'aquarelle.
Alors cette histoire, destinée à un public de jeunes adolescents, sera bien évidemment remplie d'aventure, de mystère et de course-poursuites, mais pas seulement. Il y aura aussi de l'humour, du dépaysement et de la tendresse, un cocktail délicatement dosé pour étancher la soif d'évasion d'une jeunesse qui ne cesse de s'alanguir.
Mais il sera bien temps de vous dévoiler, petit à
petit dans cette colonne, les détails de notre projet. Sachez pour le
moment que l'album sera tiré à 5000 exemplaires (2000 au Québec et 3000
en France) et qu'il sera disponible en mars 2009.
Si ce n'est pas un voyage au centre de la BD, ça...
















