29 mai 2009
Peellaert is only Rock'n'Roll (But I Like it).

Il fut un temps, les plus anciens d'entre nous s'en souviennent peut-être, où Photoshop n'existait pas. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les montages photographiques se faisaient à la main - mais oui ! - avec une bonne paire de ciseaux et de la colle Uhu en stick. Et pourtant, cela n'empêchait pas certains artistes comme Guy Peellaert de faire du très bon boulot.
En 1973, le plasticien belge publie en effet Rock Dreams, un recueil de collages et de textes illustrant les icônes du bon vieux Rock'n'Roll, alors à la croisée des chemins (Crossroads pour les amateurs de Cream et de Robert Johnson réunis). On se souvient qu'en 1968 paraissait Pravda la Survireuse, BD de Peellaert dans laquelle l'héroïne empruntait déjà ses traits à une chanteuse, en l'occurence Françoise Hardy. Dans Rock Dreams, la plume de Nick Cohn, immense critique rock, répond aux découpages de Peellaert. Un livre assez nostalgique, sorte de témoin de l'enterrement en règle des années 60, au sens propre comme au figuré (cf ci-dessous The End où Jim Morrison, Brian Jones, Janis Joplin et Jimi Hendrix, tous morts en l'espace de deux ans, partagent la même funeste affiche). Et aujourd'hui, le musée Maillol a la très bonne idée d'exposer 30 de ces œuvres pour faire revivre quelques semaines l'insouciance des années 50 et 60.
La galerie de portraits est savoureuse (encore plus pour les connaisseurs) et l'humour de Peellaert sonne juste. Bercé par une bande son appropriée, le visiteur exécute quelques pas de danse en passant de cadres en cadres. Certains, les plus atteints, restent plantés de longues minutes devant des visuels bien précis. Les internautes qui me font l'amitié de visiter régulièrement ce blog savent bien où je veux en venir. Il y aura d'abord Donovan, le ménestrel écossais présent en 1968 à Rishikesh pour écouter la bonne parole du Maharashi. Il y aura ensuite Phil Spector, le producteur fou coupable, selon McCartney, d'une tentative de Wall of sound pendant le mixage de Let it Be. Il y aura enfin Strawberry Fields, où les petits gars de Liverpool échappent, hilares, à tout ce que la couronne britannique compte de vieilles badernes.
Un artiste qui parle ainsi des Beatles ne peut pas être foncièrement mauvais. C'est d'ailleurs ce qu'ont pensé en 1974 les Rolling Stones en lui confiant la réalisation de la pochette de It's Only Rock'n'Roll (voir plus haut la version N&B) et David Bowie en faisant de même pour Diamond Dogs :
"Bye bye, bye baby, bye bye", une superbe exposition à voir au musée Maillol (Paris VIIè) jusqu'au 28 septembre.
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Images : © Thierry Lemaire.








