16 octobre 2009

Emotion pour les 50 ans d'Astérix

Asterix01Affiche_BLUTCHLe 15 octobre dernier, les trois coups de la manifestation "Drôles de Gaulois" furent donnés aux pieds de la grande tour en brique rouge du campus universitaire de Bobigny. Vestige de l'ancienne imprimerie du magazine L'Illustration (la plus grande d'Europe dans les années 30), elle abrite, avec les bâtiments qui lui sont accolés, un IUT depuis le début des années 2000. Blutch n'a pas oublié de la placer en arrière-plan de l'affiche qu'il a réalisée pour l'occasion.

Un lieu chargé d'histoire, parfait pour accueillir une journée en hommage à Astérix. D'abord parce qu'à quelques pâtés de maisons de là se trouve, découverte récente, la plus grande nécropole gauloise d'Europe. Ensuite parce que dans les mêmes parages, un beau jour de 1959, René Goscinny est venu chez Albert Uderzo à la recherche d'un nouveau héros de papier, avec le succès que l'on connaît.

Le temps fort de la journée avait lieu dans le grand amphithéâtre de l'IUT. En compagnie d'Anne Goscinny, la fille du scénariste, Albert Uderzo allait recevoir un doctorat d'honneur des mains de Jean-Loup Salzmann, le président de l'Université Paris 13.
Asterix04Asterix05Visiblement chamboulé par cette proximité avec l'artiste, ce dernier en perdait le fil de sa pensée. Tout juste parvint-il à avouer que sa vocation de médecin avait peut-être germé dans son cerveau d'enfant grâce aux aventures d'Astérix. En lisant les albums, il butait en effet sur le même mot dont il ne comprenait pas le sens. Ce mot tournait tellement dans sa tête qu'il finit par en demander à ses parents la signification. Ce fut une véritable révélation quand ceux-ci lui expliquèrent ce que voulait dire le camp de Laudanum. Et voila comment l'on devient un brillant biologiste, nom d'un petit bonhomme !
Pris par l'émotion, Jean-Loup Salzmann abrégea les discours en soulignant tout de même le point commun entre les deux auteurs et la grande majorité des étudiants de l'Université Paris 13 : des parents issus de l'immigration. Il fit le vœu que l'ascenseur social fonctionnât aussi bien pour ses étudiants que pour les deux artistes, puis remit le diplôme.

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Avec une grande élégance, preuve de son réel intérêt pour la série, le président de Paris 13 avait préparé une belle surprise à Anne Goscinny. Un doctorat d'honneur était également remis à titre posthume à René Goscinny. Sous un tonnerre d'applaudissements, l'air devenait soudain plus électrique et les yeux commençaient à briller.

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Albert Uderzo prit alors la parole pour distribuer ses remerciements. Le dessinateur de 82 ans n'en revenait toujours pas d'être ainsi autant célébré. Avec le paradoxe d'être honoré par l'Université alors qui ne possède aucun diplôme. Quand on donna le micro à Anne Goscinny, l'émotion monta d'un cran. "Les mots ne viennent pas facilement, commença-t-elle la gorge un peu serrée. Je sais que ce n'est pas moi, Albert, qui devrait être là à ta droite aujourd'hui. Je suis aujourd'hui une partie de sa voix, je suis un peu de ses yeux. Je vais bien regarder ce diplôme et cette nuit, je vais espérer rêver de lui pour lui raconter la journée. [...] Et je voudrais dire à Albert et à Ada à quel point ils sont importants dans ma vie et à quel point je les aime." Les applaudissements nourris permirent au public de reprendre ses esprits et à Jean-Loup Salzmann d'écraser discrètement une petite larme. Oui, même le grand absent de la journée n'avait pas été oublié dans cette joyeuse et émouvante commémoration.

Images : © Thierry Lemaire.

Posté par _ THL _ à 17:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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