06 juin 2009

Art Spiegelman, vu de l’intérieur

expo_art_spiegelman.1258562273.jpgart01.1258562376.jpgQuand un artiste du calibre d'Art Spiegelman se déplace jusqu'à Paris, il ne faut pas hésiter à deux fois avant de suivre ses pas. Jeudi soir dernier, le dessinateur new-yorkais participait au vernissage d'une exposition qui lui est dédiée à la galerie Martel. Une foule compacte avait soigneusement noté ce rendez-vous et débordait de la salle unique pour investir le trottoir et la rue, gênant joyeusement la circulation. Pourquoi un tel enthousiasme ? Et bien pour deux raisons.  

D'abord parce que cet accrochage propose un panorama de la carrière de l'artiste. Spiegelman s'est fait connaître du grand public à travers Maus, sa brillante et poignante évocation de la Shoah. La seule bande dessinée à avoir obtenu le Prix Pulitzer, avouez que ce n'est pas rien. Mais ce chef d'œuvre a totalement occulté, toujours pour le grand public, le reste de ses travaux. Souvenons-nous quand même que Spiegelman est l'un des piliers de la BD américaine underground, et qu'il a entraîné dans son sillage des auteurs comme Chris Ware, Charles Burns ou Dan Clowes. L'idée de mettre en lumière la partie "cachée" de son œuvre est une initiative à applaudir des deux mains. C'est d'ailleurs une première en France.

art03.1258562428.jpgart02.1258562468.jpg L'autre raison de se réjouir de cette exposition est le parti pris résolument graphique de la galerie Martel. Plus que le résultat final, ce sont les différentes étapes du processus créatif qui sont mises en avant. Esquisses, croquis, dessins préparatoires, travaux de recherches montrent et soulignent la technique de Spiegelman, réfléchie voire anxieuse. Quant au clou du spectacle, si je puis dire, un mur où des dizaines de carnets de croquis sont fixés, il présente une autre facette de l'artiste, cette fois plus instinctive. Pas forcément la plus naturelle pour lui.

Ces deux mosaïques d'images vous donneront un aperçu des œuvres exposées. Avec, de haut en bas et de gauche à droite, le mur des carnets de croquis, la couverture d'un livre sur Boris Vian, l'espace réservé aux illustrations publiées dans le New Yorker (journal pour lequel il réalisa un certain nombre d'illustrations), le dessin Crossroads (vendu 24 000 €), le mur Maus, le dessin Head (vendu 12 000 €), le mur Raw (le magazine alternatif qu'il avait lancé en 1980), le dessin préparatoire à la couverture du livre The New York trilogy de Paul Auster, le résultat final, une illustration pour Maus, deux planches de réflexion sur Mein Kampf, et enfin des illustrations de livres pour enfants.

art06.1258562552.jpgart15.1258562591.jpgart04.1258562641.jpg art12.1258562683.jpgart05.1258562721.jpgart13.1258562758.jpg

art08.1258562799.jpgart07.1258562837.jpgart14.1258562876.jpg art11.1258562914.jpgart09.1258562952.jpgart10.1258562991.jpg

Et puis comme une note sans people manquerait de consistance, voici quelques célébrités du petit milieu de la BD qui étaient présentes, souvent un verre à la main, pour participer au vernissage. Avec par ordre d'apparition à l'écran, Art Spiegelman et Florence Cestac, Benoît Peeters et Dominique Petitfaux, Jacques Tardi et Lorenzo Mattotti, Blutch et Michel Edouard Leclerc, ce qui faisait quand même trois Grand Prix de la ville d'Angoulême dans l'assistance !

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Images : © Thierry Lemaire.

Posté par _ THL _ à 17:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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