06 mars 2009
Une exposition joyeusement marteau à Nantes.

L’année 2009 va-t-elle entrer dans l’histoire de la BD comme étant celle des Requins Marteaux ? A ce train là, il n’y a aucun doute possible. Avec l’exposition Il était une fois
l’huile présentée au « lieu unique », à Nantes, la maison d’édition albigeoise trace son chemin tambour battant.
Les Requins avaient déjà frappé fort au festival d’Angoulême : une exposition délicieusement macabre, la projection en avant-première du long métrage Villemolle 81 et pour couronner le tout, le Fauve d’or obtenu par Winshluss pour l’album 
Pinocchio (lequel en est déjà au deuxième retirage et lorgne sur les 40 000 exemplaires vendus). L’aventure continue dans la grande salle du « lieu unique », scène nationale d’art contemporain à Nantes, situé dans les anciennes usines LU. Ce n’était pourtant pas du gâteau de faire entrer la BD dans cet espace démesuré, habitué aux installations d’architectes ou de plasticiens. Qui d’autres que Winshluss, Cizo et Felder pouvaient relever le défi ? Coproducteur de Villemolle 81, donc parfaitement au courant de la démesure des énergumènes, le « lieu unique » leur a laissé carte blanche.

Il n’était toutefois pas question de se contenter d’un vulgaire accrochage de planches originales. Le principe de l’installation fut donc retenu, sur un thème cher au cœur des Requins. Ferraille Illustré a beau avoir disparu de la circulation un triste jour de 2006, ses lecteurs attentifs se souviennent encore avec émotion des huiles Méroll. Créée par Edouard Michel Méroll, la marque sponsorisait en effet généreusement le
magazine. Dans l’esprit d’Il était une fois l’homme du regretté Albert Barillé, l’exposition Il était une fois l’huile rend donc hommage à ce liquide multi usages, « idéal pour les moteurs et parfait pour cuisiner de bons petits
plats. » En une dizaine de saynètes, elle retrace, avec une exactitude absolument subjective, l’histoire de la sainte huile à travers l’humanité.

Depuis l’aube des temps, en passant par l’antiquité et le Moyen Age (ne dit-on pas « langue d’oïl » ?), l’existence de l’huile Méroll est attestée par tous les
historiens. A travers quelques événements saillants, les Requins Marteaux présentent ses bienfaits. N’ayant pas peur de se mettre à dos leur principal annonceur, les fondateurs de Ferraille Illustré explorent également le côté obscur de l’huile Méroll. Marée « jaune » suite au naufrage d’une galère contenant des amphores d’huile, pollution d’un village par une usine Méroll, participation accablante dans les destructions de la seconde guerre mondiale, sans parler de cette scène de crime qui témoigne de
la réaction d’un employé de la société Méroll après avoir reçu sa lettre de licenciement.

« Huile are the world »
proclame l’affiche de l’exposition, et elle a bien raison. Il était une fois l’huile manie le second degré et l’humour avec
dextérité. Exceptionnel pour une exposition d’art contemporain, la routine pour les Requins Marteaux. Et puis pour terminer ce beau voyage au pays de la parodie, les visiteurs ont la possibilité d’investir une petite salle toute noire pour assister à la projection du film Villemolle 81, diffusé une fois par jour. Le prétexte idéal pour découvrir la « lieu unique » et visiter Nantes . Alors que peut-on espérer de plus cette année de la part des Requins Marteaux ? Un retour de Ferraille Illustré peut-être ? Et bien c’est en préparation.
Il était une fois l'huile, jusqu'au 3 mai au lieu unique à Nantes.
Images : © Thierry Lemaire
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=480643&pid=12845021
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
